Serie: Transparences/Stèles


Cet ensemble de photographies date du printemps 2003 à l’été 2005 et est issu du travail sur les triptyques "Transparences". Les prises-de-vues ont été effectuées dans les galeries de l’antiquité grécque au Musée du Louvre. De formats hauts et étroits, ces œuvres semblent exclure la personne qui les regarde et la vision paraît comprimé dans une bande qui ne peut qu’être un extrait.

Les stèles "Transparences/Stèles" traitent des questions de la matière, de l’espace et de l’illusion. Ce qui nous a été transmis à travers l’histoire (figurines de terre) rencontre le contemporain (vitrines de présentation), ainsi que de l’interpréation de l’antiquité (façades néoclassicistes, plafonds baroques). Il y a de la confrontation : intèrieur/extérieur, espace/volume/corps, matière morte/corps des visiteurs, lumière/reflets. Le model du corps est un espace dans l’espace, multiplié par des réflets, des interpénétrations, des superpositions, des fusions. Chaque aspect relativise et transforme l’autre. C’est l’œil qui doit choisir et chaque regardeur regarde selon ses priorités.

Il s’agit en outre d’un travail avec les moyens qui sont spécifiques à la photographie numérique : netteté/flou, structure des pixels, traitement digital, planétié/profondeur, proximité/distance du regardeur de l’œuvre, description de l’espace/abstraction, illusion/dissolution de l’image. La figure humaine est en mouvement dans ces images, de passage, elle se trouve à des positions spécifiques, elle est incomplète, partiellement caché, indirecte (reflets). Sa présence nous rappelle son existence sur-le-champ, sa brièveté et l‘exeptionnalité de sa présence et de sa perception (tout en marchant) des pièces exposées dans le musée. La question d’après la perception du temps et d‘après l’interprétation du regardeur-consommateur contemporain est posé dans ces œuvres.

 

 

 

Copyright: Tristan Rain, 2005